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Le Blog d’IFSGA

Les français sont-ils égaux devant la santé ?

La création de la sécurité sociale, par les ordonnances de 1945, fut un progrès social indéniable de l’après-guerre. Elle a rendu solvable « les malades » et a contribué au développement des hôpitaux.
Depuis cette date à nos jours, de nombreux textes législatifs dédiés aux malades ont vu le jour. Et, plus récent la loi de Santé, promulguée le 26 janvier 2016 a mis l’accent sur les orientations suivantes :
• Le renforcement de la prévention
• La réorganisation autour des soins de proximité à partir du médecin généraliste, et
• Le développement des droits des patients.

À la première lecture, tout semblait parfait. Mais, dans la réalité de tous les jours, on constate un autre son de cloche. Tout d’abord, les bénéficiaires de la CMU se voient refusé l’accès à la prise en charge par certains médecins. Ensuite, les habitants des zones rurales sont les victimes de la désertification médicale ou de la fermeture des structures de soins au nom de la rentabilité financière. En revanche, dans les grandes agglomérations, l’accès aux soins est favorisé par la densité médicale élevée et par la concentration des CHR et des CHU.
Par ailleurs, une étude récente publiée dans le bulletin épidémiologique de l’Agence Santé Publique a révélé que près de 15 000 cas de cancer pourraient être évités en France, en améliorant seulement les conditions de vie. C’est ce qu’on appelle « les inégalités sociales de santé ». D’autant plus, les français sont de plus en plus exposés aux polluants atmosphériques, facteurs de « sur-risque » de cancer des vois respiratoires, aux polluants professionnels (les produits toxiques cancérigènes), ainsi que les perturbateurs endocriniens entre autres.

Cependant, la France fait partie des pays dotés d’un niveau de recherche médicale élevée, de techniques de pointe, et d’un système de santé de qualité. On peut s’interroger sur ce constat alarmant pour ne pas dire désespéré.

Sans passer par les théories complexes ou par les méandres d’une usine à gaz, il semblerait que ce constat soulève les points essentiels, à savoir :

La sécurité sociale a été construite sur le principe de la solidarité. Les soins sont remboursés à hauteur de 70 %, en général, et le 30 % restant relève des complémentaires de santé. Ces derniers sont gérés par les assurances privées et les mutuelles qui appliquent un tarif de cotisation variable selon les leur mode de gestion. Ces tarifs ne sont pas abordables pour tout le monde, et une partie de la population économiquement faible, en l’occurrence les retraités. Ce système à deux étages est pénalisant et de facto le socle de la solidarité a disparu. C’est la raison pour laquelle, ceux qui ne peuvent se faire soigner ou ceux qui n’ont pas de complémentaires de santé, ont laissé aggraver leur maladie avant de s’adresser à un établissement de santé public en dernier recours. D’autres ont recourus à des soins à l’étranger (en particulier les pays de l’est) où les frais sont nettement moins chers qu’en France, notamment le cas des soins dentaires.
Alors, pourquoi ne pas confier l’intégralité des remboursements des soins à la sécurité sociale ? Le système de santé est-il remis en cause ?
Cette question mérite d’être débattue dans le feu de l’actualité, et la volonté politique reste à démontrer.

Sollicitant au « brain storming », une idée est germée avec la mise en place des vignettes « Crit-air ». Par analogie, on pourrait dire que les personnes exclus ou quasi exclus du système de soins sont les personnes de catégories de « Vignette de couleur noire ». Les personnes qui ont des moyens de se faire soigner sont les personnes de catégories de « vignette verte », avec le bonus, car « zéro émission », c’est-à-dire « pas de pathologie lourde ». Et, entre ces deux catégories, inventons celles « hybrides aux soins ». Ainsi, on aura innové un système à trois étages ou si on préfère, à trois vitesses.
Pourquoi pas ?
Toutes les idées sont les bienvenues
Bonne lecture

Hien BUI QUANG – Directeur d’IFSGA
Mise à jour le 26 fév 2017

#loideSanté #AgenceSantéPublique #sécuritésociale #ifsga

Le codage des actes

Dans la vie quotidienne, on ne prête pas attention au mot « codage ». Pourtant ce mot fait partie intégrante de notre vie et aura une dimension particulière sous certain aspect.
A titre d’exemple, la recherche d’ADN, le codage génétique, sert à confronter l’auteur du crime dans la plupart des cas. Autre exemple, lors d’une consultation ou d’un examen médical, votre feuille de soins comporte la lettre « C » comme consultation, « B » comme acte de biologie, ou « Z » acte d’imagerie médicale : c’est ce qu’on appelle le codage des actes professionnels. Et plus basique et pragmatique, lors des courses au supermarché, les produits achetés sont scannés par le code barre.

Hormis l’aspect de codage que nous survolons rapidement, il y a une autre dimension à prendre en considération. C’est le cas d’une jeune fille au Pays-Bas qui a demandé à mourir. Certes, ce fait divers récent interpelle un certain nombre de personnes mais qui a le mérite de mettre en avant les extrêmes. Cette personne a subi pendant sa jeunesse des évènements irréparables, indélébiles, provoquant une anorexie, des périodes de dépression. Incurable de son état malgré les soins prodigués, son médecin a accédé à sa demande pour abréger sa souffrance. La demande à être euthanasiée, c’est l’expression même de sa volonté.
A l’opposé de ce cas, un condamné à mort n’a pas demander à mourir, mais on lui impose cette sentence. C’est la volonté d’un juge dans le cadre de la loi crée par l’homme pour juger l’homme de ses actes condamnable eu égard au codage de la société.

Alors, y-a- t-il convergence ou divergence des choses ?

Le but final recherché est la mort. Probablement la même dose létale injectée dans les veines pour les deux cas. Seule la procédure de la prise de décision et le concept de la mort diffèrent. Dans l’un, la demande de mettre fin à sa vie relève de l’intéressée avec l’accord des autorités compétentes, dans l’autre elle émane d’une tierce personne sans à soucier de l’accord de l’intéressé.
Dans le premier cas, la mort sera une délivrance, dans le second cas, elle symbolise la peine capitale dans une société de normes et de règles.
Dans le premier cas, les autorités compétentes prennent acte de détresse dans l’esprit évolutif des textes législatifs autorisant l’euthanasie. Dans le second cas, l’application des textes de lois stricto sensu est de rigueur.

Le déterminant est tout à fait relatif. Il sous-tend la variabilité factuelle de l’angle d’observation.
L’interprétation est sujette à un état d’esprit, de modèle sociétal et de la conception de la vie. A ce propos, l’illustration sera apportée par le bushido des samouraïs avec le rituel de seppuku, ou encore pour les adeptes du bouddhisme, l’impermanence de toute chose permet d’expliquer la souffrance humaine.

Bonne lecture

Hien BUI QUANG – Directeur d’IFSGA
Mise à jour le 31 mai 2016

#codagedesactes #euthanasie #findevie #ifsga

Le salaire de la peur ou de la mort

Vous avez sans doute eu l’occasion de voir le film le salaire de la peur. Un convoyeur est chargé de transporter les produits dangereux au péril de sa vie.
La une du journal Le Parisien n° 5176 du 16 janvier 2016 « Essai clinique – Les dessous d’un test mortel » ramène le lecteur au bon souvenir de ce film.
Sans vouloir faire l’amalgame ou des interprétations au second degré, l’envie est tentante de rebaptiser ce titre en « le salaire de la mort ».
Certes, il ne s’agit pas d’une comparaison entre le titre d’un film et le fait divers en question à l’issue fatale. Mais, l’analogie demeure entre « la peur » et « la mort » en jouant le cobaye humain.

A la lumière de cet article de presse, tout lecteur lambda est susceptible de soulever un certain nombre de points à méditer et non à expliquer. Laissons le versant explicatif aux experts et aux têtes pensantes pour assumer ce type de travail.

De nombreux médias ont fait échos sur ce sujet de même que les sites internet mettant en avant la face cachée des essais cliniques et la pratique des laboratoires pharmaceutiques pour faire du profit. Précisions, il s’agit des essais cliniques rémunérés menés sur des sujets sains volontaires de phase I, II et III. Cette procédure est nécessaire pour recevoir l’autorisation de mise sur le marché.

1/ Nous vivons dans un système capitaliste, et tout investissement se résume au profit financier. Tout à fait logique direz-vous. Mais …….

C’est révoltant car c’est l’exploitation honteuse de la misère humaine pour des essais thérapeutiques en échange de quelques billets. Notamment le cas de l’Inde, depuis le recrutement douteux des « cobayes humains » issues d’une couche de population nécessiteuse, misérable, qui sont souvent des analphabètes, jusqu’aux différents stades des essais dont les règles de bonne conduites ne sont toujours pas respectées.
Cette situation n’est rien d’autre que la recherche de profit puisque les cobayes en Inde sont bon marché. Les laboratoires pharmaceutiques sont délocalisés en Inde pour faire des économies et de facto augmenter leurs profits.

C’est révoltant lorsqu’on fait l’éloge de la découverte d’une nouvelle molécule pour faire reculer telle maladie, on oublie volontairement de dire que cette marche triomphale piétine sur de nombreux cadavres durant les périodes d’essais avant la mise sur le marché.

C’est révoltant également lorsqu’on cache la vérité sur la toxicité d’une molécule par le jeu de bonne entente entre les experts et les laboratoires pharmaceutiques jusqu’au moment où le nombre de morts a pu réveiller la conscience du danger. Rappeler vous le fameux cas du « médiator ».

La question n’est pas de renoncer au progrès de la science. Mais la vraie question jette au visage les modèles de calculs des profits qui sont étrangers aux émotions et au facteur humain des cobayes.

2/ La rentabilité financière des investissements combinés à la concurrence internationale poussent les laboratoires pharmaceutiques à une course effrénée des essais cliniques. Le premier produit mis sur le marché est le premier servi. En un mot, tous les moyens sont bons pour gagner les parts de marchés dans un laps de temps réduit par rapport à ses concurrents. C’est dans cette démarche que dénonce le Pr Bernard Bégaud, un pharmacologue indépendant, à France 2 le 18 janvier 2016 : « La tendance aujourd’hui, est de faire des groupes parallèles, dont un qui recevrait d’emblée une dose assez élevée sans avoir été testé avant une dose plus faible ».

Par ailleurs, il convient de souligner que le dossier de presse consacré à la loi sur les nouvelles opportunités économique exposait à Bercy le 9 novembre 2015 a mis l’accent dans le même sens : « Les procédures de validation des essais cliniques dans le secteur de la santé sont beaucoup plus longue en France qu’à l’étranger »

Eh, oui. Faut-il aller vite, comme l’Inde ou les autres pays ?

En France l’ANSM met 55 jours en moyenne pour donner son autorisation à un essai clinique, contre 15 jours dans d’autres pays.

A ce propos, dans un tout autre domaine, en matière de sécurité routière, on nous a distillé dans nos oreilles (pour ne pas dire bassiner) que la vitesse est la première cause mortelle sur les routes.
« VITESSE = DANGER DE MORT »

Pourquoi, ne pas appliquer le même principe pour les essais cliniques ???

Pour preuve, les autorités indiennes ont tout de même publié 2644 décès dont 80 patients étaient directement imputables et 500 autres ont soufferts des effets indésirables lors des essais cliques entre 2005 et 2012. (Voir site allodocteurs.com).
Pour preuve également, l’ANSM a suspendu l’importation en France au cours de l’été 2015, certains médicaments génériques venant de l’Inde, jugés les conditions d’essais cliniques étaient peu fiables.

Hélas, force est de constater que la rentabilité économique et financière et le gain des parts de marché font la loi, piétinent sur les cadavres jonchés çà et là à travers le monde.

3/ En continuant la lecture de l’article de presse sus visé, il est légitime de regarder ce qui se passe en France l’accident du laboratoire à Rennes.

Par exemple, sans pouvoir de recourir à d’autres moyens de nourrir sa famille, la solution ultime est de vendre son corps, le plus vieux métier du monde. Dans cette situation la société porte un regard négatif car c’est la décadence voire la débauche. Et lorsque ces femmes « objet de plaisir ont réclamé un statut de travailleur social de sexe », on criait au scandale.
En revanche, sans porter un regard hâtif ou réducteur, les gens qui prêtent leurs corps à des essais thérapeutiques, on a tendance à les applaudir.

La réalité de notre société, le besoin de vivre ou de survivre, le reflet de la misère humaine présenté dans deux packagings différents pour un même produit. En effet, dans l’un ou dans l’autre cas, pour dire simple, on arrive au même but. Vendre son corps pour de l’argent. La démarche est motivée par l’argent. Mais, ne mélangeons pas les serviettes et les torchons. Dans le second cas, on ne vend pas son corps vulgairement. Plus élégant, on prête son corps à la science moyennant l’argent sonnant. C’est toute la subtilité. Relaté à la page trois du Parisien du 16 janvier 2016, l’interview du testeur : « J’assume totalement le terme de cobaye humain »
« Je fais d’abord pour de l’argent……Cela m’aide quand on est au chômage ou quand il faut payer les impôts ou les vacances. »

Tout est relatif n’est-ce pas ?
Tout dépend de quel côté on veut voir la chose. Tout dépend le bout de la lorgnette.

Pendant ce temps, les firmes multinationales pharmaceutiques ont fièrement publiées leurs bilans consolidés avec un bénéfice colossal.

Bonne lecture.

Hien BUI QUANG – Directeur d’IFSGA
Mise à jour le 28 Janvier 2016

Les plaintes et les réclamations face aux erreurs médicales

Chaque année, les médias français ont consacré une étude sur le palmarès ou les classements des spécialités des hôpitaux.

Le fleuron de la médecine française rayonne dans le monde entier et attire les personnes fortunées, les hommes politiques ou les têtes couronnées pour se faire soigner en France.

Cet aspect positif de la médecine de haute technologie, le cocorico français, cache parfois une triste vérité des « erreurs médicales ».

Récemment, sur la base des informations des différents sites des médias, tels que le figaro.fr ; bfmtv.fr, express.fr ; ou encore news.doctossimo.fr, en gros titre on peut lire : « Septicémie : une femme amputée de 4 membres après une IVG ». Edité par TF1 News en date du 8 décembre 2010 :  «  le chirurgien avait oublié 2 paires de ciseaux dans le ventre d’un patient »…….

Ces quelques exemples, sans exhaustifs, qui donnent une sueur froide et qui renforcent la méfiance des hôpitaux.
Jadis, ces articles faisaient parties des rubriques des faits divers. Mais aujourd’hui, il s’agit d’une prise de conscience de l’opinion publique mettant en avant le droit des malades hospitalisés. La loi du 4 mars 2002, et les lois bioéthiques ont changé le rapport des malades, des usagers faces aux établissements de santé. Il est donc indispensable de connaître ses droits, notamment le droit aux réclamations et aux indemnisations lors d’une hospitalisation. C’est dans cette optique, le centre de formation IFSGA a créé dans son programme courte, en deux jours, intitulée «  la gestion des plaintes et des contentieux à l’hôpital ». Cette formation s’adresse en premier lieu aux professionnels de santé, mais sans exclure toutes personnes s’intéressant à la question.

Pour illustration, voici un extrait de l’INFO LE FIGARO du 13/11/2011 :

«  De 2006 à 2009, plus de 4 000 sinistres ont donné lieu à des indemnisations, la chirurgie à elle seule presque 60 % des dossiers. Le dédommagement moyen s’élève à 115 333 euros. »

« … Les véritables erreurs médicales (actes fautifs) représentent 27 % des cas. La responsabilité de professionnels de santé peut aussi être reconnue pour une mauvaise prescription ou délivrance de médicament (3%), pour un problème d’organisation (écriture illisible, oubli d’un examen lors de la transmission d’un dossier médical …4%) ……. »

Vous êtes averti !!!. Nul n’est censé d’ignorer la loi.
Bonne lecture

Hien BUI QUANG – Directeur d’IFSGA
Mise à jour le 1er septembre 2015

Le don d’organes : un raisonnement à sens unique

Le débat à l’Assemblée nationale sur la loi santé relative au don d’organes bat son plein. Au-delà du débat politique ou juridique, c’est avant tout un sujet qui touche chacun de nous. Le seul mot don d’organes a déjà suscité beaucoup de réticence. Et, pourquoi donc ?

Rappelez-vous, depuis de nombreuses années, les médias et en particulier les ONG ont soulevé dans certains pays la possibilité d’acheter un organe humain. Un pauvre lambda, pour sa survie et celle de sa famille vend un de ses organes, en échange de quelques billets. Cette transaction, pratiquée dans des conditions douteuses par des chirurgiens obscures, s’appelle le trafic d’organes.
En revanche, en ce moment, en France, dans un pays de droit, on est en train de modifier le texte pour augmenter la collecte des organes. Les prélèvements seront pratiqués dans les règles de l’art par des chirurgiens chevronnés. Cela s’appelle le don d’organes. Le vilain mot « trafic d’organes » est banni du vocabulaire.

Ceci étant, empruntons le vocabulaire de marketing. Le produit reste le même, c’est-à-dire l’organe incriminé, la seule différence réside dans le packaging. D’un côté, l’organe aurait été négocié sous les manteaux, de l’autre côté, il sera présenté à la lumière du jour dans un paquet orné d’un ruban doré.

Vous avez compris !!!!!! – S’agit-il d’une étude sémantique, don et trafic d’organe ?

Le débat actuel concerne tout le monde, car nous passerons tous un jour par la même porte les pieds devant. Et, comme monsieur tout le monde, on est en droit de s’interroger. Une voix inaudible, incolore, inodore ne fera pas changer le cours du débat d’avril 2015. Cependant, elle aura le mérite de susciter une réflexion analytique.

Laissons décanter la surcharge d’adrénaline si ce mot vous heurte. Soyons zen et laissons travailler nos méninges.

1/ A l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, le gouvernement est entrain de concocter un cadre juridique modifiant de manière substantielle le consentement relatif au don d’organes. La loi votée le vendredi 10 avril 2015 a retenu le consentement présumé du donneur, sauf opposition de sa part. Les organes pourront être prélevés sans l’avis des familles.
Sachant que la présomption est un mode de raisonnement juridique en vertu duquel, de l’établissement d’un fait on induit un autre fait qui n’est pas prouvé. Autrement dit, tout majeur est un donneur potentiel, et on induit que ce donneur aurait été d’accord. On privilégie ici le raisonnement à sens unique en retenant le versant de consentement présumé. Et pourquoi, ne pas faire valoir que ce donneur aurait refusé ?

2/ Sous prétexte de manque de greffon, on enferme le donneur dans un cadre juridique basé sur un calcul arithmétique, beaucoup de demandes, et pas assez d’offres. Ce prétexte fallacieux tend à bafouer la valeur humaine et culturelle de la civilisation. Raisonnons par l’absurde et inversons la tendance : S’il y aura beaucoup d’offres et pas assez de demandes, fera-t-on une autre loi dans ce sens en suivant le raisonnement arithmétique précédent ? Alors, ne raisonnons pas à sens unique et appliquons cette logique arithmétique jusqu’au bout des ongles.

3/ Aujourd’hui,  « on ampute une main » en écartant le consentement des proches du défunt pour avoir l’autorisation de prélever les organes, demain « on coupera l’avant-bras » en supprimant pur et simple le registre national des refus, le mort n’aura plus droit au chapitre et après-demain, on « enlèvera le bras dans sa totalité » en demandant votre corps en entier, ni les proches, ni le mort aura droit au chapitre. Ce scénario catastrophe, direz-vous, n’est pas possible, mais fort probable. C’est ce qu’on appelle, par analogie, le droit de préemption de la chose. Désormais, le corps après le décès tombera dans le domaine public où le monopole de l’Etat s’exercera de plein droit.
Une fois de plus, le raisonnement à sens unique, sera au profit de la puissance de l’Etat.

4/ Par ailleurs, le concept de « don d’organes » ne serait plus le produit de celui qui va à l’encontre des textes de loi (le consentement). Au contraire, c’est la réaction de la société (le taux de refus) qui transgresse la norme.
On passe du droit de préserver l’intégralité physique au droit d’abandonner son corps. On passe d’un état de son corps à un état de corps d’autrui. Le corps n’appartient plus au défunt, dès lors qu’il n’avait pas inscrit sur le registre national des refus de son vivant. Par voie de conséquence, on passe d’un état de liberté à une institution totalitaire faisant fonctionner le « nouvel ordre de santé ».

Cet état de chose n’a pas reçu d’écho favorable, pour ne pas dire de critique. Au micro de France 3, le professeur Denis SAFRAN a dit : « Au moment où le patient passe en état de mort cérébral, et vous allez dire à la famille, quelle que soit votre avis, je ferai un prélèvement d’organe «  ……. ». J’appelle çà une étatisation, une nationalisation du cadavre. »
Merci monsieur le Professeur. Vous avez bien pesé vos mots.

Monsieur Bernard Debré de l’UMP a jugé l’article de la loi est très brutal pour les familles. « Il faut faire l’inverse. Dire de son vivant qu’on est d’accord ».

Au regard de la nouvelle loi, n’est-ce pas, tout se passerait comme si le mort était là comme un objet banal, et non comme une personne décédée ?

5/ Dans la continuité de l’analyse, les souvenirs de lecture de la jeunesse ont refait surface avec deux images marquantes.
La première, dans la BD Lucky Luke, le croque mort, tout en noir, avec son nez crochu de vautour et son visage osseux, attendait impatiemment la fin des bagarres pour ramasser les cadavres.
La seconde, la BD Agent 2012, celui-ci prononçait la phrase rituelle, « au nom de la loi, je vous verbalise ».
La transposition de ces deux images à la réalité d’aujourd’hui serait tristement et péniblement acceptable.

La première, les hommes en blanc scrutaient impatiemment un EEG plat (mort encéphalique) pour donner « le top chrono » de départ pour les prélèvements.
La seconde, les hommes en blanc penchés sur le cadavre en lui murmurant aux oreilles de peur de le réveiller: «  au nom de la loi, nous allons procéder aux prélèvements de vos organes ».

Sachant tout de même que le cadavre ne rebiffait pas, ne contestait pas en disant « j’ai oublié de m’inscrire sur le registre national des refus ». Et, on ne lui dirait même pas merci, car la loi interdit de vendre un organe. Le comble !!!!. Et, nous y sommes, sans esprit mercantile, il n’y aura pas de trafic d’organes. C’est pour une noble cause, le bienfait pour l’humanité, cette loi permettrait de « sauver des centaines de vie ».

Oui, ce sera très louable. Vous sauverez une vie, mais à l’opposé vous empêcherez les membres de la famille du défunt de faire leur deuil en détruisant le restant de leur vie. C’est tout comme, « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Une fois de plus, c’est le raisonnement à sens unique au détriment des proches du défunt.

6/ Tout en poursuivant l’analyse, certaines questions demeurent en suspendre.
Pourquoi n’a-t-on pas voulu adopter un amendement de l’UDI Arnaud Richard pour que l’accord ou le refus de prélèvement d’organes soit inscrit sur la carte vitale ?
A-t-on pensé à actualiser l’article 5 de la Charte de la personne hospitalisée ?
A-t-on pensé à étendre aux directives anticipées la mention consentement aux prélèvements d’organes, au-delà du consentement pour les diagnostiques, soins et traitements ?

7/ Enfin, en écartant les proches, les membres de la famille du défunt, le législateur a voulu remuer le couteau dans la plaie.
Comment pour la famille de faire le travail de deuil, tout en sachant que les organes sont prélevés sans leur consentement ?. On rend à la famille un corps vidé de la substance, comme un poisson vidé de ses entrailles.

Sachant également, que ce n’est pas le mort qui fait son propre deuil, mais ce sont les vivants, c’est à dire les proches du défunt.
Faire le deuil, c’est long, c’est douloureux, c’est révoltant de perdre un être cher. Et, maintenant, le législateur veut rendre le travail de deuil plus difficile à accepter et plus douloureux. Ce sera une double peine pour la famille.

Bravo !, mesdames, messieurs. Avez-vous une pensée pour le défunt ?. Une pensée pour les proches, les membres de la famille ?- On ne vous demande pas de l’aumône, un minimum de compassion et de compréhension.

Avez-vous regardé les images insoutenables des familles en pleures dans le crash de la Malaysia Airline, réclamant les corps des disparus ? Des centaines de familles sont marquées à vie sans pouvoir faire le deuil.

Paradoxalement, dans le crash de Germainwings, le gouvernement français a déployé des moyens matériels et humains exceptionnels pour retrouver morceaux par morceaux de cadavres afin de reconstituer un corps présentable aux familles. On a construit une chapelle ardente pour que les familles puissent se recueillir sur le lieu du drame.

A l’opposé, contre le gré des proches du défunt « au nom de loi des hommes », et aucune considération pour la famille de garder un corps intact, sans charcuter par les scalpels, dans l’accompagnement pour un départ à l’éternité …. ! ! ! , le même gouvernement a pondu un texte brutal et inhumain.

Article paru dans Le Monde 31 Mars 2015

Hien BUI QUANG – Directeur d’IFSGA
Mise à jour le 19 avril 2015

Le paradoxe des mots : « Mourir ou pas mourir »

Aux parfums des actualités du moment, nous ne cherchons pas à alimenter le débat sur la loi de fin de vie. Nous essayons, simplement, de sortir du sentier brumeux des mots savants.

Soyons précis ! D’un côté nous avons les lois universelles, telles que les lois physiques de l’apesanteur, par exemple. Cette loi s’applique à n’importe endroit de la Terre, dans n’importe quel pays de la planète. De l’autre côté, nous avons des lois crées par les hommes qui sont spécifiques pour un pays et ne sont pas applicables pour d’autres. Il s’agit d’un construit social pour mettre en place les règles régissant la société dans laquelle nous vivons.

En souvenir des cours de Droit, nous distinguons les projets de loi et des propositions de loi. Dans le cadre du projet de loi sur la fin de vie, émanant du pouvoir exécutif, nous souhaitons soulever quelques réflexions.

Dans les différents épisodes du feuilleton « sur la fin de vie », on nous a parlé du droit aux soins contre la douleur, les soins palliatifs, puis le droit de mourir dignement. Ensuite, on nous laisse le droit de manifester notre volonté par le biais des directives anticipées, ou à défaut de désigner une personne de confiance, lors d’une hospitalisation. Bravo, quel progrès !

Un nouvel épisode s’ouvre sur le débat de « l’autorisation de la sédation profonde ». Attention, il ne s’agit pas de l’euthanasie, ce mot fait toujours peur.
Essayer de naviguer dans ce brouillard. Y-aura-t-il une loi pour la vie, c’est-à-dire « la conception* » ? Pour l’instant, nous avons le droit, c’est-à-dire la liberté de donner « VIE », dans nos moments intimes en accomplissant le devoir de citoyen. L’entrée est libre pour procréer. Mais de l’autre côté, la porte de sortie nécessite un visa en bonne et due forme. En terme simple, on n’a pas le droit de partir sous couvert de l’euthanasie passive ou active sous peine de sanctions par les textes de loi.

Paradoxalement, la déclaration des droits de l’homme et de citoyen de 1789, énonce, les hommes naissent libres et égaux en droit. C’est très beau !!! Encore faut-il de l’appliquer. Maintenant, la question est de savoir, est-ce que les hommes meurent libres et égaux en droit ??? Certains peuvent partir, sans besoin de visa, dans un sommeil naturel et sans souffrance. D’autres, reliés à la vie par des machines sophistiquées, ne seraient pas prêt de voir Le Saint Père.
Alors, pourriez m’aider à trouver la déclaration « Tous les hommes meurent libres et égaux en droit», et encore mieux, « tous les hommes naissent et meurent libres et égaux en droit».

*Il ne s’agit pas de la GPA

D’avance merci de votre contribution.

Hien BUI QUANG – Directeur d’IFSGA
Mise à jour le 07 avril 2015

Vieillissement et dépendance : les inégalités se creusent (Article)

L’article intitulé « Dépendance : les inégalités se creusent » du quotidien le Parisien en date du 28 février 2015 ne laisse insensible à tout lecteur lambda.

http://www.leparisien.fr/economie/retraites/vieillissement-et-dependance-les-inegalites-se-creusent-28-02-2015-4565379.php

Au-delà du fait du jour, il s’agit avant tout d’une question de dignité et de l’éthique envers nos « aînés ».
Cet article a le mérite de souligner trois points essentiels :
Primo : La transparence des prix des EHPAD ;
Secundo : La solidarité nationale
Tercio : La récupération des aides versées lors de l’héritage.

Le premier point n’est pas nouveau. De nombreuses années, les familles et les associations des consommateurs ont déjà dénoncé les prix exorbitants de structures d’accueil pour personnes âgées. Or les services de l’Etat (DGCRF, ANESM, CNSA…) ont les possibilités de cerner la disparité des prix des EHPAD. Certes, chacune de ces instances ont des prérogatives spécifiques définies par un cadre juridique. Mais, si on mettait en commun leurs compétences, la question pourrait probablement être fixée. Pourquoi faudra-t-il attendre 2016, l’entrée en vigueur du projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement. ? Alors que la question de la prise en charge des personnes âgées ne datait pas d’hier, même si on prenait comme date de référence la loi de 1975.
Le deuxième point porte sur la solidarité nationale. Soyons explicite. S’agit-il de la solidarité Etat/régions, Régions/régions, ou encore de la solidarité intergénérationnelle. Cette dernière, l’objet de nombreuses études, a montré ses limites. Quant à la solidarité nationale, fera-t-on référence au même principe de solidarité que lors de la mise en place de la sécurité sociale par les ordonnances de 1945 ?
Enfin, le troisième point suggère la récupération sur les successions. En d’autre terme, dans le langage de monsieur tout le monde, il s’agit bien et bel du remboursement posthume. Cette idée tendra inexorablement un jour vers la sélection des personnes âgées possédant un héritage, dont éligibles aux allocations versées, et celles démunies exclues de ces prestations. La société française sera-t-elle prête à l’accepter ? Par ailleurs, cette suggestion va à l’encontre du deuxième point sus- visé relatif à la solidarité nationale, et alimente de facto la disparité des prix des EHPAD évoquée dans le premier point. Alors, le passage à la « dépendance à deux vitesses » sera banalisé et la ségrégation sera de fait.
Toutefois, sera-t-on capable de déterminer le nombre de bénéficiaires de l’APA possédant un héritage ? Aura-t-on des ratios portant sur les montants versés rapportés au montant des sommes récupérées posthume depuis la mise en place de l’APA? Par extrapolation, on pourra parler de calcul de la duration du retour à l’investissement (ROI). Aujourd’hui, on distribue des allocations sous condition, et demain on récupérera les aides versées lors de l’héritage.
Une deuxième lecture de cet article sous-tend les lacunes d’une politique marquée par l’absence d’une vision stratégique. Cherchant à pallier le court terme, les solutions « curatives » adoptées à dose homéopathique ont une fois de plus montré les limites. L’exemple de la grille AGGIR est démonstratif. Cet outil d’évaluation de l’état de la dépendance a fait son chemin. Il est nécessaire, mais demeure insuffisant s’il n’est pas accompagné par un outil d’évaluation des besoins de « territoire de dépendance » par analogie aux besoins de la population au regard du territoire de santé dans le système hospitalier. Connaissant l’évolution démographique et l’impact du vieillissement de la population par l’allongement de l’espérance de vie, pourquoi ne pourra-t-on pas intégrer les notions de territoire de dépendance en zone rurale, péri-urbaine et urbaine ? Cette dimension permettra d’intégrer un coefficient correcteur, coefficient géographique, par analogie au financement des hôpitaux dans la loi HPST.
Quant à la notion de solidarité, la boîte à outil existe. Encore faut-il utiliser le bon outil à bon escient ? Empruntons au passage, quelques cours de gestion enseignés dans les universités. Raisonnons dans les termes de la théorie de l’équilibre générale. Ou encore, inspirons-nous des « boucles de rétroaction » de la prospective……
Sans prétention d’être tête pensante, et sans vouloir se substituer aux têtes pensantes des instances décisionnelles de nos gouvernants, espérons que ces quelques lignes puissent contribuer à une réflexion intellectuelle par un raisonnement méthodologique.

Hien BUI QUANG – Directeur d’IFSGA
Mise à jour le 05 mars 2015

IFSGA vous souhaite de très bonnes fêtes !

L’équipe d’IFSGA
Mise à jour le 07 décembre 2014

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Le métier de secrétaire médical demande une polyvalence tant sur le plan organisationnel que relationnel. En contact permanent avec les patients et l’équipe médicale, vous êtes en charge de la gestion quotidienne d’un cabinet ou d’un service dans un établissement hospitalier. La connaissance du système de prise en charge et de la gestion des dossiers médicaux sont des points importants de la profession. De ce fait, une connaissance pertinente du Droit des malades ainsi que de la terminologie médicale vous permettront d’exercer votre métier avec professionnalisme et respect du patient.

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Mise à jour le 29 septembre 2014

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Mise à jour le 31 août 2014

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